Suite au CE extraordinaire qui s’est tenu hier à Air Lib, la situation devient de plus en plus tendue à la veille de la ‘date butoir’ pour le dépôt d’un plan qui serait jugé acceptable par le Ministre. En façade, Pascal Perri qui monte au créneau plus facilement que son PDG, dispose de trois axes de travail pour gagner du temps : expliquer que IMCA n’investira pas tout de suite à cause du passif imputable à Swissair, rappeler à chaque occasion que l’on parle de 3500 emplois, et lancer l’idée qu’il y aurait peut être transaction secrète avec Easy pour sa commande d’Airbus, le tout sur le dos des salariés d’Air Lib.
Cette argumentaire se retrouve dans la presse du jour, un rapide aperçu est disponible dans Libération, Le Figaro, ou même le Journal de l’Ile qui relate le ‘complot Easy Jet’ expliqué par Pascal Perri.
Au sein de l’entreprise, il devient plus délicat de savoir quelles sont les cartes du tandem Corbet / Paris qui préside toujours aux destinées de la compagnie. Si la menace sur les emplois reste une valeur sûre (le nombre d’employés d’Air Lib augmente à chaque point de presse), la ‘logique Corbet’ risque de ne pas faire l’unanimité au sein du gouvernement qui, d’une façon directe ou indirecte, sera appelé aux arbitrages, voire à voler au secours d’Air Lib à la dernière minute. Selon cette dernière hypothèse, la perspective d’investir des millions sur Air Lib alors que ces fonds peuvent être rappelés à tout moment vers Holco, ou pire, vers ses structures ‘off-shore’ (Holco Lux et Mermoz UA), constitue un handicap que seul JC Gayssot avait surmonté.
La logique de la ‘gestion Corbet / Paris’ trouvera donc sa limite demain à minuit. Le mur est épais et d’une hauteur respectable, mais il n’est pas insurmontable. Les dernières informations sur les comptes d’Air Lib avec notamment les requêtes (et les ordonnances) datant d’Octobre, et qui visent à obtenir un report des assemblées supposées approuver les comptes de l’exercice 2001 (report accordé par le TC), ne contribueront pas à rassurer les investisseurs potentiels.
Mais pour l’heure, c’est le Ministre des Transports qui mène la danse.
publié le 2003-01-07 13:18 par Julien MRV.