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Nantes / Luxor Air : les causes ont été clairement identifiées !

Comme vous l'aurez constaté en comptant le nombre de serviettes de plage étendues à 50 centimètres de la vôtre, c’est l’été.

Pendant que vous êtes en villégiature, d'autres n’hésitent pas à en profiter pour sortir des textes de toutes sortes, des lois supposées anodines et d’autres fantaisies dont vous n’aurez connaissance qu’au retour de vacances, quand il sera trop tard pour protester.

Le BEA se lance dans l’exercice des publications estivales, par définition faites pour être discrètes, avec quelques pages sur une compagnie Egyptienne. Non, il ne s’agit pas d’un rapport sur Flash Airlines, celui-là – on le sait – est prévu pour l’été prochain (dans le meilleur des cas). Ce que le BEA rend public cette semaine, c’est son analyse sur l’incident de Nantes : un MD de Luxor Air qui vient faire un petit coucou dans le centre ville, de nuit et à basse altitude, après avoir évité de justesse « un gros orage » en béton de 10 étages, dans lequel des braves gens dormaient paisiblement.

Le tout dans le cadre d’une procédure VOR en 21 qui se termine avec un cap à 80° de l’axe de percée. Et roulez jeunesse !

Bien entendu, il y avait des passagers à bord. Qui avaient acheté leurs billets chez le grand spécialiste du voyage aérien pas cher du tout, le tour opérateur qui avait vendu quelques semaines plus tôt un voyage à 134 personnes du côté de Charm el-Cheikh. Ce qui explique que ce soit Louxor Air qui se soit déplacé ce soir là : Flash Airlines n’était plus disponible, les autres compagnies était ou trop chères ou déjà liquidées.

Les éléments recueillis par le BEA sont extrêmement précis et complets. Fort de ce constat, on n’imagine pas un instant que le BEA aurait osé nous parler du dossier de vol - comme il nous en parle - s’il ne l’avait pas lui même eu entre les mains, et sans que quiconque en Egypte n’ait eu le temps « d’arranger » les papiers afin qu’ils soient présentables. Car l’avion étant resté à Nantes 28 minutes au total, à 2h du matin, un week-end, on a un peu de mal à identifier les sources des informations du BEA si elles ne sont pas strictement égyptiennes…

Toujours est-il qu’au terme de ce rapport, la France est en train de faire des recommandations aux américains et à la DGAC sur la base d’informations recueillies chez les égyptiens, qui n’avaient qu’une obligation toute relative de donner les éléments réels liés à l’incident. Les enregistreurs ? Pas vus. Les paramètres ? Pas pris. Les QAR ? Il n’y en a pas chef, ça ne sert à rien ces choses-là. La preuve : ce n’est même pas obligatoire dans la JAA, alors en Egypte…

Mais ce n’est pas grave : cet incident, selon les conclusions du BEA, c’est la faute aux américains de… Boeing (repreneur de Douglas) ! Ces affreux ne disent pas que le PA/DV du MD est une daube qui n’intercepte pas à plus de 90° et qui ne tient pas les axes quand on est en mode heading, à 80° de l’axe de percée ( !)). C’est également la faute aux Vénézuéliens qui ne savent pas piloter (c’est la nationalité du commandant qui fut licencié dès que les médias eurent parlé de l’affaire).

C’est aussi la faute à ces fichus contrôleurs aériens nantais qui ne font rien pour aider nos amis égarés à point d’heure en plein centre-ville, quand les panneaux routiers sont très mal éclairés, et alors qu’ils cherchent l’aéroport (Ouest France, dans son édition du 27 juillet, insistait beaucoup sur le manque de vigilance du contrôleur Nantais !!!). D’ailleurs, nous sommes étonnés que le BEA ne recommande pas à la ville de Nantes de mettre un énorme panneau de 100m de hauteur, bien éclairé, qui pointe vers l’aéroport, afin que les compagnies qui ne connaissent pas le lieu puissent atterrir sans devoir chercher leur chemin.

Accessoirement, il est recommandé aux Egyptiens de continuer à nous envoyer leurs compagnies, mais de préférence celles qui ont dans leurs manex le mode d’emploi des approches classiques. Sans vouloir déranger, bien entendu. La recommandation aux égyptiens n’est cependant pas exhaustive, puisqu’elle n’explique pas ce qu’est un manex, ce bouquin épais, écrit tout petit, et qui parle notamment des procédures normales (on en reparlera pour Flash, des procédures normales, des briefings et des check-lists…).

Pour ce qui nous concerne, nous avons soigneusement étudié la prose du BEA : la composition supposée du dossier de vol, les amplitudes de l’équipage : regardez comment est présentée l’information au niveau des dates, avec des jours « blancs » alors que le PNT a volé toute la nuit. Nous avons également bien aimé la présentation des licences : comment on vous explique sur entête République Française que l’on fait du transport public en France, pour des passagers français ayant acheté un billet en France, avec des licences vénézuéliennes validées par l’Egypte !

Notez également comment on vous écrit que cet équipage expérimenté et entraîné arrive à croire qu’il y a de la bruine ET des orages en même temps, de nuit et en plein hiver… Il y a une saison de la mousson à Nantes ?

Et bien d’autres détails croustillants que nous gardons au frais : on en reparlera à la fin de l’été, quand les médias seront rentrés de vacances, ce sera beaucoup plus drôle de lire les justifications de nos vaillants enquêteurs dans Le Figaro.

En attendant, un grand merci au BEA qui a bien fait de nous sortir ça en pleine torpeur estivale, alors qu’on s’ennuyait presque.

publié le 2004-07-31 09:37 par RadioCockpit.

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