A force de trop en dire, tout en regrettant de ne pas en savoir assez, on prend de sales habitudes avec ces accidents aériens à répétition.
Quand toutes les âneries ont été confiées à la presse généraliste comme autant de certitudes indiscutables, on nous ajoute au calvaire des terribles images qui défilent en boucle l'obligation de subir les commentaires de "l'expert".
S'exprimant à propos du dramatique accident du B737 d'Hélios, l'habituel et prévisible expert a auto-décrété "qu'une panne de dépressurisation ne peut pas faire tomber un avion. Il est impossible que suite à une perte de pressurisation, l'avion ne soit pas récupérable". La belle affaire : la presse aura immédiatement repris ce point de vue démenti par les faits.
On rappelle qu'un précédent dramatique existe bel et bien, et qu'il s'agit de l'accident d'un Lear 35 N47BA survenu en octobre 99 : suite à un problème de pressurisation, les deux pilotes avaient manifestement perdu connaissance, et l'avion avait continué sa route jusqu'à l'extinction des deux réacteurs.
Une fois de plus, contentons-nous de peu : attendons des éléments techniques plus fiables que les estimations de "l'expert", et continuons de militer pour que l'ensemble des intervenants de l'aviation civile mettent tout en oeuvre pour casser ce cycle accidentogène que nous avions - hélas - déploré par avance.
Car il ne faut pas être "expert" pour constater que la sécurité des vols se dégrade à une vitesse vertigineuse, et que rien n'est fait pour contrer ce mouvement qui semble dicté par des contingences économiques incompatibles avec notre obligation de résultat en la matière.
Et ce ne sont pas les "labels bleus" et autres commissions "d'experts" qui nous feront changer d'avis sur ce sujet.
publié le 2005-08-14 23:26 par Julien MRV.