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Air Horizons : la brume qui cache le brouillard

La semaine sera décisive pour le devenir de ce qu'il convient désormais d'appeler "l'ensemble STAR / Air Horizons". On commence à pouvoir trier et regrouper quelques informations, toutes plus surprenantes les unes que les autres, et nous aurons bientôt l'occasion de revenir sur la comptabilité de ces derniers mois, une comptabilité exemplaire s'il en est.

Il semblerait que ce ne soit pas Angel Gate qui ait racheté STAR, mais bien Air Horizons. La provenance principale des fonds serait la caisse de la compagnie placée aujourd'hui en redressement judicaire, en conséquence de quoi on perçoit mieux les risques d'extension qui pèsent sur STAR, surtout quand on constate les transferts d'activité de l'une vers l'autre.

Les créanciers ne s'y sont pas trompés : GATX, CIT et une banque américaine, qui sont les leasers de 3 des 4 avions d'Air Horizons, ont préféré anticiper les ennuis en récupérant leurs appareils. C'est ainsi que sur ordre du leaser, un B737-800 et un B737-300 de GATX ont été convoyés en catimini (de nuit) depuis Nîmes vers la zone d'aviation d'affaires de Marseille, puis finalement vers Istambul par deux équipages étrangers.

S'agissant d'avions immatriculés en France, la DGAC va essayer de nous faire croire - là encore -  qu'elle n'est au courant de rien, alors qu'elle a procédé à la sortie de flotte de ces deux appareils 24 heures avant même le prononcé du tribunal de commerce.

En résumé, un avion au moins immatriculé en France, et toujours sous la responsabilité de l'opérateur Air Horizons, aurait volé (illégalement?) au départ de Marseille, le PNT n'ayant sans doute pas de licences françaises. L'autre hypothèse consisterait à imaginer que la DGAC aurait donné des autorisations et des validations de licences avant même la décision du tribunal de commerce, ce que nous ne saurions imaginer puisque nous sommes (encore) dans un état de Droit.

Le deuxième 737-300 aurait déjà été récupéré par CIT et c'est le status quo pour le B737-400 qui appartient à ILFC... 

Mais faire "voler" un avion c'est compliqué : certains autres créanciers ont semble-t-il préféré les clouer au sol, en attendant d'avoir quelques précisions sur la possibilité de voir un jour arriver un règlement quelconque : c'est ainsi qu'un B757 se serait vu retirer une roue par Omega (quelques centaines de milliers d'euros lui étant dus par Air Horizons) dans la zone fret de CDG, et qu'un autre créancier (chargé de la maintenance en ligne) aurait retiré une autre roue d'un second B757. Le B757 F-GRNG semble, quant à lui, définitivement perdu pour bientôt finir chez les Russes de Vlim Airlines.

Conclusion : jusqu'à nouvel ordre, le F-GRNI et le F-GRNJ sont toujours dans l'escarcelle d'Air Horizons.

Mais la rumeur la plus intéressante du week-end, qui nous promet une semaine ô combien animée, est certainement celle qui prétend que le chèque très récent qui aurait servi à payer (presque deux ans après) les droits d'enregistrement de la cession d'Euralair à Angel Gate serait un chèque tiré sur un compte SAFRA... d'Air Horizons. On vous la refait en plus clair : ce serait Air Horizons qui aurait payé une somme voisine de 80.000 euros pour - finalement - valider sa propre cession à Angel Gate. Si cela était confirmé, il s'agirait d'un bel exemple de substitution dont les conséquences n'échapperont à personne.

Compte tenu de ce qui précède, nous pourrions assister à un mariage et deux enterrements avant la fin de cette année formidable : la France va se marier définitivement avec une splendide banane en guise de symbole d'une République épuisée, et nous devrions enterrer au moins une compagnie (Air Horizons) et un Conseil Supérieur de l'Aviation Marchande qui, pour la 4ème fois en 3 ans, montre clairement les limites de son... indépendance.

publié le 2005-11-20 21:21 par EuroCockpit.

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