Osons un parallèle entre ces deux accidents, celui du Concorde (25 juillet 2000, 113 morts) et celui de l'A320 (20 janvier 1992, 87 morts).
Contestations tous azimuts. Dans le cas du Concorde, le juge d'instruction a bouclé son dossier fin 2005, mettant en examen la compagnie Continental Airlines et 5 personnes en poste à l'époque : le chef du SFACT, deux responsables de Aérospatiale et deux responsables de la certification de l'avion à la DGAC.
Leurs avocats ont tenté d'annuler tant les mises en cause que les expertises. La Cour d'appel de Versailles a jugé vendredi que les expertises étaient valides ainsi que les mises en examen, sauf celles des deux responsables de la certification de l'avion car ils n'avaient pas de réel pouvoir de décision. Les avocats des mis en examen confirmés ont alors déclaré qu'ils déposeraient un pourvoi en cassation.
En ce qui concerne l'expertise qui ne plaît pas et qui met en cause l'avion, la Cour de cassation aura à se pencher sur une question de la plus haute importance : un des trois experts judiciaires avait-il le droit d'être désigné en cette qualité par le juge d'instruction alors qu'il n'avait pas prêté serment ? Comme quoi cinq années de travail tiennent à un "je le jure"… au XXIe siècle.
Les petites phrases qui tuent. À Colmar, on a dépassé ce stade et on assiste au procès des personnes mises en examen, dont le même ancien chef du SFACT, soit dit en passant.
Dans l'attente d'entrer dans le vif du sujet, certains mis en examen se sont exprimés cette semaine devant le juge. "Jamais le pouvoir économique, la pression économique, n'a joué sur ce facteur essentiel de ma mission qui était la sécurité des vols" a déclaré l'ancien directeur technique d'Airbus Industrie. Le directeur général de l'Aviation civile alors en poste a déclaré quant à lui avoir "découvert après l'accident" que la présence d'un dispositif avertisseur de proximité du sol (GPWS) était prévue par la réglementation. Pourtant Air Inter avait obtenu, pour ne pas installer ce dispositif, une dérogation de l'Aviation civile… Enfin, l'ex-chef du contrôle technique de l'Aviation civile (SFACT) a dit que "l'État ne peut pas tout contrôler en matière de réglementation aérienne". Qu'on se rassure, cela n'a pas changé depuis, on en a eu la preuve !
publié le 2006-05-07 07:59 par EuroCockpit.