Nous l'évoquions il y a quelques jours : après l'association ECHO, c'est au tour du constructeur Airbus de faire appel de la décision du tribunal de Colmar dans le cadre du dossier concernant le crash du Mont Ste Odile. Selon le consortium, "au vu de l'ensemble des éléments réunis tant durant l'enquête que durant le procès, Airbus considère qu'il n'y a eu aucune négligence, aussi mineure soit-elle".
En clair, cela veut dire que le constructeur réfute l'idée selon laquelle la descente à forte pente de l'appareil a été involontaire. Bien entendu, les pilotes savent ce que valent ces thèses chères au BEA et à la commission d'enquête administrative, selon lesquelles la catastrophe se résume à une erreur de pilotage, l'avion étant de son côté "parfait" selon le bon mot de Monsieur Ziegler, qui a qualifié les interrogations des parties civiles de "pleurnicheries". On attend également la position du Parquet qui dispose encore de quelques heures pour faire lui aussi appel, mais au pénal cette fois.
Cela permettrait de clarifier largement ce que le tribunal a estimé être - en première instance - de "trop haute technicité" pour pouvoir être tranché, et qui représentait pourtant la clef permettant d'accéder aux causes de cet accident. Mais l'hypothèse d'un appel du Parquet reste fort peu probable, dans la mesure où les bénéficiaires des relaxes se retrouveraient de nouveau en position de prévenus.
Or, les pressions sont fortes, et elles arrivent de partout : quand on lit les écrits de l'ANAE et ceux de Monsieur Paries parus récemment dans le quotidien Le Monde, et probablement rédigés pour le plus grand bonheur d'un "grand constructeur aéronautique européen", on se rend compte que le chemin vers la lumière pourrait être encore long... voire inaccessible.
publié le 2006-11-17 10:40 par EuroCockpit.