Comme nous l'avons souvent laissé entendre, quand Air France était gérée par l'État, celui-ci avait estimé que les cotisations sociales imposées aux compagnies (par lui-même) était trop lourdes.
Pour cette raison, il avait été décidé de prendre le contrôle effectif de CityJet, compagnie devenue filiale à 100% d'Air France, ayant un donneur d'ordre unique, mais appliquant avant l'heure le "principe du pays d'origine" à savoir celui de l'Irlande : CityJet fait des lignes Air France, aux couleurs d'Air France, et au départ de Roissy, sans jamais avoir cotisé à la CRPN pour son personnel navigant, puisqu'en Irlande, tous ces coûteux accessoires sociaux, on ne connaît pas. D'ailleurs, c'est bien pour cette raison que l'Etat - gestionnaire d'Air France - y avait fièrement planté notre drapeau bleu - blanc - rouge.
La CRPN s'étant mise à la recherche de quelques deniers supplémentaires, son Conseil d'Administration a validé un certain nombre de principes selon lesquels, et jusqu'à preuve du contraire, les personnels navigants exerçant leur activité au départ de la France doivent cotiser à la Caisse. Le récent décret sur les bases d'exploitation n'est pas étranger à la réflexion.
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Jusqu'à présent, personne n'osait dire que le premier qui a commencé à jouer sur cette corde (sensible) des cotisations sociales à la sauce irlandaise, c'est l'État français, avec CityJet. Dès que l'on prononçait ce nom en Conseil d'Administration CRPN, chacun regardait ses chaussures. Jusqu'à ce fameux 7 décembre, jour où le président de l'UNAC (remarquablement soutenu par le SCARA) a décidé d'inscrire le cas CityJet à l'ordre du jour.
Après un débat qu'on nous a décrit comme ayant été musclé, il fut finalement décidé que la loi devait s'appliquer à tous, y compris à CityJet.
On entendit alors - jusque dans nos campagnes - mugir certains administrateurs de la Caisse (qui roulent pour ces nouveaux futurs-cotisants ou leur maison-mère), mais le résultat est là : CityJet aurait jusqu'au 31/01/07 pour se mettre en règle avec la CRPN, car passé ce délai, c'est - potentiellement - l'assignation.
Nous qui sommes particulièrement candides pour ce qui concerne les textes et leur application, on se dit naïvement que si les PN de City peuvent prétendre à ce que leur employeur cotise à la CRPN en 2007, on voit mal la raison pour laquelle ces cotisations ne seraient pas dues pour les années antérieures, puisqu'au plan légal, rien a changé depuis la prise de contrôle de City par Air France. En clair, la loi existant depuis des lustres, la régularisation des dernières années ne semble pas faire l'ombre d'un doute.
Malheureusement, nous ne disposons pas de la calculatrice ayant assez de zéros derrière le gros chiffre (en euros) qui permettrait d'évaluer la somme que cela représente. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on imagine que tout ceci n'ira pas plus loin que la déclaration d'intention, car s'il est très "tendance" de chercher des noises à Ryanair (et dans une moindre mesure à easyJet qui fait ses courses à Toulouse) il est politiquement très incorrect de sous-entendre qu'un membre du Groupe Air France aurait quelques arriérés de cotisations sociales...