Personne ne dispose à cet instant d'éléments fiables qui permettraient d'expliquer l'accident de l'Airbus A320 TAM de Sao Paulo, même si l'on commence à parler d'un avion volant sous tolérance technique avec une reverse hors service. Quelle compagnie, quelle organisation, quelle administration, quel constructeur... peut envoyer un avion sur une piste courte et contaminée avec une reverse hors service ?
Pourtant, la lecture des journaux montre que l'erreur humaine, voire la faute de pilotage, est déjà la piste la plus probable pour expliquer cet accident, comme on a d'ailleurs expliqué tous les accidents d'A320. Y compris celui de la Lufthansa du 14 septembre 1993, qui ressemble à s'y méprendre à celui de la TAM.
Pour se rendre compte à quel point les services de communication sont aujourd'hui les plus puissants prescripteurs d'idées, y compris auprès des médias qui se contentent parfois de paraphraser les communiqués de presse, il suffit de chercher à en savoir plus sur un autre accident, car il s'agit bien d'un ACCIDENT compte tenu des dommages subis par l'avion.
Imaginez un Boeing 747-400 d'une grande compagnie française, qui décollerait à destination d'une île, disons - au hasard - Cuba.
Equipage renforcé, OPL en fonction, contrôle en ligne en cours, contrôleur supervisé, ce qui fait un total de 4 personnes au poste de pilotage.
Imaginons que les NOTAMs ne parviennent pas à l'avion - ni au sol, ni en vol - pour une raison que l'on ne s'explique toujours pas. Imaginons que des travaux sur la piste y soient indiqués, comme ils sont d'ailleurs précisés sur l'ATIS de l'aéroport Jose Marti International.
Si dans cette configuration rien n'est fait par l'équipage pour NE PAS suivre le glide qui conduit au premier tiers de la piste qui est justement en travaux, il est clair que l'on peut dès lors envisager de graves dommages à la structure (volets) sur l'appareil qui se retrouve ainsi immobilisé. Certes, le glide aurait dû être désactivé par l'aviation civile locale, mais au bout du compte, quand on se pose sur une piste (partiellement) fermée, il y a parfois des conséquences techniques fâcheuses.
Des conséquences auraient pu être proches de celles de l'Airbus de la TAM. Mais grâce au service de comm' d'une grande compagnie française, personne n'en a entendu parler.
De là à penser que le REX, de Sao Paulo à La Havane, en passant par Toronto, Douala, Ste Odile, et tous les autres, serait désormais géré par les services de comm' des uns et des autres...
En d'autres termes, messieurs les communicants, il nous serait plus utile de savoir ce qu'il s'est réellement passé à Sao Paulo, que de lire que "l'A320 reste l'avion le plus fiable jamais construit" et qu'il s'agit "encore d'une probable bourde de ces imbéciles de pilotes". Des bourdes qui ne sont étalées dans la presse que quand ça arrange les services de comm', si l'on en croit l'accident de La Havane...
Nous ne pensons pas qu'il soit sain que la sécurité des vols et le retour d'expérience soient confiés à quelques "fils de pub" et "attachées de stress"...
En clair, nous avons besoin d'une véritable information, et pas de propagande.