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A340-600 d'ETIHAD : l'avion a grimpé le mur "normalement"

Comme après chaque accident d'Airbus, on guette les communiqués du constructeur : dans le cas de l'A340-600 d'Etihad, on est face au premier accident qui ne serait pas imputable à une faute des pilotes. Il convient de saluer l'événement.

Oui bien entendu, il n'y avait pas de pilotes à bord, ils ne peuvent donc être tenus pour responsables. Mais sait-on jamais, il y en avait peut-être un ou deux qui regardaient l'avion de loin ?

Plus sérieusement, la communication safety n'a pas tardé à communiquer, puisque c'est son rôle. Et là, pas de surprise, on retrouve un copier coller de la phrase immuable, éternelle et bien connue : "THERE IS NO EVIDENCE OF ANY AIRCRAFT SYSTEM OR ENGINE MALFUNCTION" (c'est écrit en majuscules dans le texte original).

L'avion a grimpé le mur à une vitesse de 30Kts, et tout va bien, les systèmes sont normaux. Selon nos informations, les choses ne seraient pourtant pas si simples. Si les freins avaient la pression nominale, il est étonnant que l'avion se soit mis à bouger. A moins que la roulette de nez ne se soit remise en position centrale, ce qui aurait pu engendrer d'autres événements ?

Mais plutôt que de dévoiler quelques indiscrétions parvenues jusqu'à nos oreilles chastes, nous allons faire honneur à la version officielle :

FOR ABOUT 3 MINUTES BEFORE THE END OF THE EVENT, ALL FOUR ENGINES EPR WAS BETWEEN 1.24 AND 1.26 WITH PARKING BRAKE ON AND WITHOUT GROUND CHOCKS.
THE ALTERNATE BRAKE PRESSURE WAS NORMAL. (WITH PARKING BRAKE ON, BRAKE PRESSURE IS SUPPLIED BY ALTERNATE).
13 SECONDS BEFORE THE IMPACT THE AIRCRAFT STARTED TO MOVE. WITHIN 1 OR 2 SECONDS THE CREW APPLIED BRAKE PEDAL INPUTS AND SELECTED PARKING BRAKE OFF. THESE ACTIONS LED THE NORMAL BRAKE PRESSURE TO INCREASE TO ITS NORMAL VALUE.
2 SECONDS PRIOR BEFORE THE IMPACT, ALL 4 ENGINE THRUST LEVERS WERE SELECTED TO IDLE.
THE AIRCRAFT IMPACTED THE CONTAINMENT WALL AT A GROUND SPEED OF 30 KTS.
Une version officielle qui est presque confirmée par le BEA, qui nous dit aussi qu'à ce stade, "aucun dysfonctionnement technique au niveau des systèmes de freinage et des moteurs n’a été mis en évidence".

Nous voilà rassurés, deux sources totalement indépendantes nous disent que l'avion marchait à merveille, et que - comme d'habitude - ce sont les pilotes qui... ah non, c'est vrai, il n'y avait pas de pilotes. Continuons plutôt la lecture des écritures saintes, du BEA cette fois :

L’avion était à l’arrêt. Les roues n’étaient pas calées. Un dernier essai moteur, sur freins, était en cours. Les premières informations validées issues des enregistreurs de vol montrent que les quatre moteurs étaient à forte puissance depuis environ trois minutes. L’avion a commencé à avancer et a percuté un mur anti-souffle treize secondes plus tard.
Chef, 3 minutes avec 4 moteurs à forte puissance, alors que Airbus nous parle d'EPR à 1,2... Même si on retrouve bien les 13 secondes pendant lesquelles les pilotes regardent l'avion aller dans le mur sans rien faire... ah non, pardon... il n'y avait pas de pilotes... Mais quand même, il faudrait accorder les violons sur la puissance des 4 moteurs !

Pour couper court aux rumeurs, voici les conclusions et les recommandations d'EuroCockpit : la cause de l'accident c'est qu'il n'y avait pas de pilote dans le cockpit. La recommandation, c'est qu'il faut que les essais moteurs soient réalisés par des pilotes, comme ça on pourra dire que c'est de leur faute quand l'avion monte normalement des murs de 10 mètres de haut.

UPDATE : Pour ceux qui ne les ont pas vues, les photos de l'accident se trouvent assez facilement sur internet. On en trouve même sur la version piratée de nos forums, en cliquant cliquer ici, ou encore ici, ici, ici, ici, ou encore là.

publié le 2007-11-21 08:34 par EuroCockpit.

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