Tout le monde se souvient de l'incroyable aventure de la compagnie Aerocondor venue du Portugal pour demander à des Danois de demander à des Lithuaniens de bien vouloir effectuer la ligne Orly Agen, sachant que les subventions, versées au titre des Obligations de Service Public, étaient perçues par... les Portugais.
Bien entendu, les habituels esprits taquins avaient largement trouvé à redire à ce montage de bric et de broc, qui n'avait qu'un seul "avantage" : le sacre du moins-disant économique, social et technique avant l'heure.
Les grands spécialistes des subventions publiques avaient conseillé à Aerocondor d'attaquer en diffamation tous ceux qui oseraient parler des réalités de cette mascarade. Les conseilleurs ne sont jamais les payeurs, et malgré les journées portes-ouvertes organisées par l'Aviation civile, la Région et la compagnie, les réalités de l'exploitation étaient arrivées jusqu'à nos oreilles.
Autant d'informations de première main qui furent utilisées ensuite par les medias nationaux. Ce fut notamment le cas du Figaro, qui avait logiquement classé Aerocondor dans les compagnies à risque, à l'époque où la fameuse liste noire n'existait pas. Aerocondor avait immédiatement poursuivi le quotidien en diffamation.
Par jugement prononcé fin 2007, Aerocondor – et ses conseilleurs – ont, bien entendu, été déboutés de toutes leurs demandes : quand on fait longuement du monomoteur en ATR42, il faut s'attendre à ce que ça se sache et pas en bien !
Le directeur de la publication et le journaliste du Figaro ont été relaxés par le Tribunal de grande instance de Paris. Aerocondor n'a pas fait appel de la décision.
publié le 2008-01-04 09:45 par EuroCockpit.