Premières audiences ce matin à Paris dans le procès en appel qui concerne Jean-Charles Corbet dans la grande aventure de la reprise d'Air Liberté et AOM.
Nous publierons dès ce soir une information d'importance concernant cette affaire, qui donnera un tout autre éclairage sur ce procès.
En attendant, on pourra dire de cette première matinée qu'après les habituelles tentatives concernant quelques nullités de procédure, qui seront finalement - comme de coutume - jointes au fond. Puis les avocats de Jean-Charles ont tenté une ligne de défense à laquelle tout le monde s'attendait : si des éléments figurant dans le rapport parlementaire finissent dans le dossier d'instruction, et dans l'ordonnance de renvoi, ces éléments ayant été obtenus par un "interrogatoire" sans avocat, il conviendrait de ne pas en tenir compte (voir nos archives).
En gros, puisque tout le monde dépose sous serment, il y aurait deux vérités: la vraie et une petite deuxième : celle qui est exprimée en présence de son avocat. Deux vérités distinctes au point que l'une pourrait annuler l'autre. Pour de simples pilotes comme nous, la chose est difficile à concevoir, mais c'est un autre débat.
Jean-Charles attaque avec un véritable plaidoyer en faveur de... lui-même. En gros il ne comprend pas "pourquoi c'est [lui] qui trinque, alors qu'on l'a laissé faire et que personne ne l'a prévenu des risques encourus". Qu'il a des enfants en âge d'avoir des enfants, et qu'il ne veut pas que ses petits-enfants viennent le voir au parloir. Qu'il a pris 18 mois ferme à la place des autres.
Le Président le remet froidement en place : non monsieur Corbet, vous n'avez pas été condamné à 18 mois de prison, mais à 4 ans dont 18 mois ferme, 5 ans d'interdiction de gestion, et 300.000 euros d'amende...
Il en oublie même les 3 millions de dommages et intérêts au mandataire-liquidateur...
Viennent ensuite les premières questions. On parle de l'origine du montage complexe, de Holco, de ses filiales, de toute la nébuleuse construite autour de la reprise d'AOM et d'Air Liberté, de la structure de tête et de ses satellites.
Jean-Charles ne se démonte pas et explique que ce grand bazar, ce n'est pas lui qui l'a imaginé. Ce serait un ancien directeur d'Air France, ayant également travaillé à Lufthansa, qui aurait imaginé et conçu les montages juridico-financiers.
Que tout ceci est l'oeuvre d'un pro, un travail rigoureux et adapté à la situation.
Le procureur saute sur l'occasion: Jean-Charles sous-entendrait-il que le "système Corbet" avait été conçu par avance ? Que le pompage était dès lors prémédité ?
Le présumé innocent n'est plus à son aise et ne répond pas à la question. Il se contentera d'expliquer qu'après le 11 septembre il avait d'autres chats à fouetter, et que le montage, c'est l'oeuvre des Conseils et des pros.
La première audience est levée sur cette première innocence, rendez-vous pris pour demain à 13h30 pour l'examen des suivantes.
publié le 2008-12-10 15:48 par EuroCockpit.