Jeudi était l'avant dernier jour du procès express de JCC devant la Cour d'Appel de Paris dans le cadre des malversations présumées autour du dossier Air Lib.
Cette demi-journée était consacrée aux plaidoiries de la défense des seconds couteaux, Christian Paris et Me Yves Léonzi.
L'avocat de Christian Paris doit lire RadioCockpit : celui qui se fait appeler dans nos infos et dans nos ex-forums "l'ami de 30 ans" est présenté à la Cour comme étant... "l'ami de 30 ans de Jean-Charles" ! Le ton est donné dès les premières phrases : Christian est un "receleur de caisse d'épargne" qui a rendu plus d'argent qu'il n'en a pris (*). Pensez-vous ! Commandant de bord à Air France, administrateur représentant des salariés, ayant mandat syndical, Président des Fonds Concorde, il s'est fait piquer avec trois fois rien (page 39 du jugement de première instance) : à peine 755.000 euros en sa qualité d'unique ayant droit de la société off-shore "Cowansville", créée par son avocat Me Kaufhold pour facturer Holco.
Sept cent cinquante cinq mille euros en contrepartie de quoi? On ne comprend pas bien, mais Christian est honnête alors tout va bien. En fait, selon son avocat, il a été mal inspiré et mal conseillé par son avocat luxembourgeois. Ceux qui sont passés par Air Lib se demandent si ces sommes ont été versées de la part de son employeur officiel, ou si elles proviennent de JCC pour rétribuer les coups de fil aux représentants du personnel, menaces à peine voilées dont tout le monde se souvient parfaitement. A Eurocockpit, nous avons la prétention de connaître le dossier Air Lib sur le bout des doigts, et nous pouvons affirmer que la présence de cet administrateur d'Air France dans les locaux d'Air Lib, et dans la compta d'Holco, est le plus grand scandale de toute cette affaire, car elle ne pouvait être ignorée par... Air France, et ce au plus haut niveau.
La cour demande au "présumé innocent de 30 ans" s'il a quelque chose à ajouter pour sa défense. Il est de coutume de se taire à cet instant, mais Christian ne peut s'y résoudre, bien entendu : il expliquera qu'il est un bien honnête homme...
On passe aux plaidoiries de "l'avocat de 30 ans", Me Léonzi. On rappelle que Yves Léonzi n'est pas un débutant en matière d'aérien. Il était notamment l'avocat de Francis Lagarde, condamné définitivement à de la prison ferme dans le cadre de malversations autour du dossier EAS. Inutile de vous dire que fort de cette expérience, l'aventure Air Lib était un long fleuve tranquille pour l'avocat de JCC.
Yves Léonzi a deux avocats. Le premier va expliquer à la Cour un point de Droit. Pour qu'il y ait abus de confiance, "il faut une exigence de remise précaire". Ce n'est pas lui qui le dit, mais une étude commandée spécialement auprès d'un grand professeur de Droit. Or, dans le cas qui nous occupe, l'argent des suisses n'est pas remis à titre précaire à Holco, il n'y a donc pas d'abus de confiance de la part de Jean-Charles, et par le fait aucune complicité de la part d'Yves. L'argent des suisses, c'est 100% pour Holco, et c'est "si je veux, quand je veux" pour Air Lib.
Le second avocat va droit au but. Que reproche-t-on à Yves Léonzi ? Si l'on en croit la page 80 du jugement de première instance, trois fois rien: en 17 mois, Yves a facturé 5.336.000 euros à Holco, 462.000 euros à Pelger & Blatch (société de JCC) et à peine 296.000 euros à Holco Lux. En substance, on viendrait lui chercher des histoires pour 6 patates, alors que d'autres ont pris presque autant sans jamais être inquiétés. On lui reproche finalement 220.000 euros d'honoraires, alors qu'on ne compte pas moins d'un million pour Me Lafont (le conciliateur) ou de 4 millions pour le Cabinet Fresfields... Les 6 millions d'honoraires au total sont donc parfaitement normaux, et les 220.000 objets de la prévention aussi.
Yves n'est pas aussi bavard que Christian, il n'a rien à ajouter. On se quitte à 16h30, l'avocat de JCC ayant décidé de plaider le vendredi.
(*) il aurait placé l'argent et réalisé une plus-value
publié le 2008-12-22 00:16 par EuroCockpit.