En France, on a le génie de faire des lois puis de se dépêcher après coup de "neutraliser" ses effets pour ceux qui sont assez forts pour faire peur…
Dernier exemple en date : la représentativité syndicale.
Pour exister (pouvoir négocier) il faut qu'un syndicat ait obtenu au moins 10% des voix aux élections professionnelles et pour représenter (pouvoir signer) il faut 30%. Le SNPL a vite fait les comptes : 4.000 pilotes sur 75.000 salariés chez Air France, ça ne passe pas.
Plusieurs solutions : s'allier avec une confédération nationale (le SNPNC s'est ainsi allié à FO ou encore la FGAAC des conducteurs de train à la CFDT), ou avoir une exception (les journalistes). Ne voulant à aucun prix perdre son indépendance, le SNPL a choisi l'exception.
C'est ainsi qu'une menace de grève tous les week-ends de l'été est apparue vendredi 22 mai. Le lendemain, le Secrétaire d'État aux Transports se dépêchait d'éteindre le début d'incendie : on demandera aux parlementaires de voter un article pour que les pilotes aient leur collège dans les entreprises.
Et bien entendu, ça fait jaser : la CFDT par son délégué chez Air France Gilles Nicoli n'est pas d'accord car "cela voudrait dire qu'on revient en arrière et que chaque corporation pourrait se faire représenter" et le personnel navigant commercial se demande bien pourquoi il devrait s'incliner.
Dominique Bussereau a été clair : les pilotes, c'est oui pour tout, les autres, c'est non.
À ce jeu de qui fait peur à qui, l'été pourrait être chaud… surtout si les parlementaires partent en vacances sans obéir aux ordres.
publié le 2009-05-26 14:04 par EuroCockpit.