Concorde, ouverture du procès 10 ans après
Cet après-midi s’est ouvert au tribunal correctionnel de Pontoise pour une durée minimale de 4 mois le procès du crash du Concorde survenu le 25 Juillet 2000. Pour mémoire, ce vol n’était pas le vol régulier, mais affrété par un tour opérateur (AF 4590, appareil F-BTSC) et transportait majoritairement des passagers de nationalité allemande.
Très peu de familles de victimes ne sont présentes à l’audience, celles-ci ayant pour la plupart déjà été indemnisées (dont le montant serait officieusement de 150 millions d’euros, selon la presse outre-Rhin) après un accord entre les assurances et ces dernières (abandon de poursuites), à l’exception des familles des quatre personnes tuées au sol sur les lieux du crash.
Deux thèses techniques font face :
-
Celle développée de longue date par le B.E.A., à savoir la lamelle métallique perdue d’un DC10 de Continental Airlines parti quelques minutes avant Concorde depuis la même piste 26R, laquelle fait exploser un pneu dont les débris perforent le fuselage et un réservoir, dont le carburant qui s’en écoule prendra feu.
-
Celle de l’avocat français de Continental Airlines, Me Olivier Metzner (avocat également de Dominique de Villepin, Jérôme Kerviel et bien d’autres), qui défend la thèse selon laquelle le feu a pris 700 mètres avant la rencontre avec la lamelle (28 témoignages ignorés selon ce dernier), dû à un entretien sommaire du supersonique (absence de l’entretoise entre les pneus), un départ en surcharge et une épaufrure sur la piste. Il appuiera aussi sa défense sur les faiblesses structurelles connues de longue date (comme, par exemple, l’incident sérieux du 14 juin 1979 : F-BVFC au décollage de Washington Dulles : perforations de petites dimensions des réservoirs 2, 5 et 6, essentiellement par des morceaux de jante) accélérant, après le crash de 2000, la conception d'une nouvelle génération de pneus pour Concorde.
Cet accident précipitera l’arrêt de l’exploitation du supersonique, momentanément puis définitivement, l’appareil passant, au regard des statistiques (ratio nombre d’heures de vol / nombre d’accidents), d’un des appareils les plus sûrs à l’un des moins.
publié le 2010-02-03 10:27 par Christophe DLS.
|